Le programme de l’année 2020 !

8 décembre 2019

Vous pouvez dès à présent noter les dates des conférences de la Société française d’archéologie classique pour 2020.

Au plaisir de vous y retrouver !

 

Archéologie à Gabies : conférence reportée au vendredi 31 janvier 2020

23 novembre 2019

La conférence de la SFAC prévue le 14 décembre 2019 est reportée au 31 janvier 2020 (salle Benjamin, 17h30). Nous aurons le plaisir d’entendre Steve Glisoni et Daniel Roger nous présenter le résultat des dernières campagnes de fouilles à Gabies.

À la fin du XVIIIe s. le peintre et antiquaire écossais Gavin Hamilton entreprit une série de « fouilles » sur le site de l’ancienne Gabies située à environ 18 km à l’est de Rome, le long de la via Prenestina, sur les terres de la famille Borghèse. Il mit alors au jour plus de 200 fragments lapidaires comprenant un riche corpus d’éléments de statues, notamment des portraits impériaux, ainsi que des inscriptions sur marbre. La plupart provenaient d’un complexe monumental longtemps identifié comme le forum de la cité antique. Les pièces découvertes furent restaurées sous la direction de Gavin Hamilton et Ennio Quirino Visconti alors antiquaire du Prince Marcantonio IV Borghèse qui racheta la plupart des œuvres. Celles-ci furent exposées dans un musée dédié aux œuvres provenant de Gabies qui fut installé dans un bâtiment proche de la Villa Pinciana. Elles furent ensuite vendues en 1807 à Napoléon Ier qui les transféra au Musée du Louvre.

Un projet de restauration et de publication de cette collection a motivé la réalisation d’une fouille programmée menée en partenariat avec la Surintendance de Rome sur le site de Gabies et dont la première campagne s’est déroulée en 2013. Celle-ci s’implante entre le forum et le sanctuaire de Junon Gabina, l’un des premiers grands sanctuaires à terrasse du Latium édifié vers le milieu du IIe s. av. J.-C., époque au cours de laquelle des architectes grecs comme Hermodore de Salamine introduisent les modèles de l’architecture hellénistique à Rome.

L’activité archéologique menée par le Louvre vise à remettre en contexte la statuaire conservée au musée. Cette contextualisation s’entend bien sûr au sens large et répond à une problématique archéologique précise. Ainsi, l’objectif de ces fouilles consiste à caractériser l’îlot urbain localisé entre le « forum » et le sanctuaire de Junon Gabina afin de mieux comprendre la topographie du centre de Gabies et de saisir l’articulation entre ces deux complexes monumentaux notamment à travers l’étude de la trame viaire. Il a également pour but de compléter nos connaissances sur le sanctuaire de Junon Gabina par l’exploration d’une partie peu connue : le secteur du théâtre.

Vendredi 15 novembre 2019

10 novembre 2019

à 17h30
à l’Institut National d’Histoire de l’Art (INHA),
2 rue Vivienne, 75002 PARIS,
salle Vasari, 1er étage

Thomas Creissen (Éveha International) et William Van Andringa (École Pratique de Hautes Études) présenteront une communication intitulée :

Les Pompéiens et la mort : fouille de la nécropole romaine de Porta Nocera.

Amorcé en 2014, le nouveau programme d’étude de la nécropole de Porta Nocera a pour première ambition de comprendre et de caractériser les processus de constitution d’un paysage funéraire aux abords de la ville entre la fondation de la colonie et l’éruption de 79, notamment l’implication des autorités publiques dans la planification et la gestion des aires funéraires. Il s’agit ensuite, sur un temps relativement court – à peine quelques générations – de préciser la genèse des différents enclos et structures funéraires (chronologie relative des tombes) et de reconnaître des traditions familiales ou de groupes dans l’aménagement des sépultures et dans l’exercice des séquences rituelles. Enfin, l’exceptionnel état de conservation des ensembles funéraires permet d’étudier au plus près les trois grandes étapes des rituels de la mort accessibles par l’archéologie que sont la crémation, la mise au tombeau et la commémoration des défunts. À chacune de ces étapes, il est désormais possible d’associer des gestes très précis dont la compilation permettra de proposer une forme d’herméneutique fondée sur la lecture attentive du terrain. Dans ce domaine, le programme comporte une dimension méthodologique forte, autant sur la fouille, dans la mise en place des protocoles d’enregistrement spécifiques destinés à reconnaître les gestes, qu’en laboratoire avec l’étude des restes humains brûlés et du mobilier utilisé dans les séquences rituelles. La richesse des faits observés permet d’ores et déjà de proposer des résultats inédits et déterminants sur la structure des rites déployés dans les enclos ainsi que sur l’élaboration et la transmission des coutumes funéraires au sein d’une communauté romaine d’Italie. Comment étaient organisées et transmises les partitions rituelles d’une génération à l’autre, d’une famille à l’autre ? Comment était construite l’altérité collective de la mort à Pompéi ? En quoi les pratiques suivaient-elles la tradition romaine ? Un enregistrement aussi exhaustif que possible de toutes les traces laissées par les Pompéiens lors de leur fréquentation de la nécropole amène désormais à distinguer l’occasionnel de l’intentionnel pour restituer le contenu des pratiques funéraires locales.

Vendredi 18 octobre 2019

30 septembre 2019

Pour cette première conférence de l’automne, nous aurons le plaisir de vous retrouver le vendredi soir (et non plus le samedi après-midi), à 17h30, salle Walter Benjamin, à l’INHA. Nous accueillons Martine Joly (Université Toulouse Jean-Jaurès) et Philippe Barral (Université Bourgogne – Franche-Comté) :

Nouvelles données sur le sanctuaire antique de La Genetoye à Autun (Saône-et-Loire). Résultats des recherches 2013-2018

Situé à la sortie nord-ouest de la ville d’Autun, hors des remparts de l’antique Augustudunum, le temple dit « de Janus » est un des rares édifices encore en élévation de l’antique capitale des Eduens fondée par Auguste autour du changement d’ère. Cet édifice a bénéficié depuis le XVIIe siècle des travaux des érudits locaux et spécialistes d’architecture antique, mais n’a paradoxalement pas fait l’objet d’investigations archéologiques approfondies. Au début du XXIe siècle, la connaissance de l’édifice et de son environnement immédiat reposait donc sur un dossier vieilli et sur des données très fragmentaires. Dans ce contexte, un Projet collectif de recherche portant sur l’ensemble du complexe cultuel antique dont fait partie le temple de Janus a été mis en place au début des années 2010, avec deux objectifs principaux : d’une part, mieux comprendre la dynamique chronologique, l’organisation et les fonctions de ce quartier péri-urbain de la ville antique ; d’autre part, renouveler la connaissance de l’édifice cultuel principal, en retraçant précisément son évolution, depuis sa fondation jusqu’à nos jours.
Entre 2013 et 2018, un programme de recherche consacré au temple a ainsi été mis en œuvre, associant différentes méthodes d’investigation : prospections géophysiques (magnétique et radar-sol), relevés photogrammétriques associés à une étude architecturale de la cella du temple, sondages et fouilles en aire ouverte. Ces campagnes successives ont permis de renouveler totalement la connaissance de l’un des plus célèbres édifices cultuels antiques de Gaule qui, au même titre que la « Tour de Vésone » à Périgueux ou encore le sanctuaire « du Cigognier » à Avenches, figure dans tous les manuels consacrés à la religion gallo-romaine.

La rentrée de la SFAC

2 juillet 2019

Attention, afin d’attirer un public nombreux, et notamment les étudiants, les séances auront dorénavant lieu le vendredi en fin de journée, de 17h30 à 19h30 (confirmé en octobre et novembre, mais pas en décembre).

18 octobre 2019
Martine Joly (Université Toulouse Jean-Jaurès), et Philippe Barral (Université de Franche-Comté), Nouvelles données sur le sanctuaire antique de La Genetoye à Autun (Saône-et-Loire). Résultats des recherches 2013-2018.

15 novembre 2019
William Van Andringa (EPHE) et Thomas Creissen (Université de Tours), Les Pompéiens et la mort : fouille de la nécropole romaine de Porta Nocera.

14 décembre 2019
Daniel Roger (Musée d’archéologie nationale) et Steve Glisoni (Inrap et Université Paris 1), Archéologie à Gabies : de la collection Borghèse à la campagne de fouille 2019.

Samedi 22 juin, Sortie de notre société à Lyon

19 mai 2019

Nous commencerons notre journée à Lyon par la visite du musée Lugdunum, sur la colline de Fourvière, où nous pourrons notamment voir l’exposition « Ludique, jouer dans l’Antiquité » (d’après l’exposition originale du musée de Nyon organisée par Véronique Dasen, « Veni, vidi, ludique »).

Nous serons ensuite accueillis sur un chantier du service municipal d’archéologie de Lyon (dir. A. Pariente). Cette première campagne (direction B. Clément, S. Carrara et A. Borlenghi) a pour objectif l’exploration d’un quartier antique implanté au cœur de la colonie romaine de Lugdunum, sur la colline de Fourvière. La parcelle concernée par le projet s’inscrit dans un secteur très riche et dense en vestiges archéologiques. Le clos de la Visitation est situé à proximité du théâtre et de l’odéon à l’est et du sanctuaire impérial du Verbe-Incarné. Cette parcelle borde en outre le decumanus maximus, actuelle rue Roger Radisson, qui conserve encore aujourd’hui les vestiges en élévation de l’aqueduc romain du Gier à son extrémité sud. Les objectifs scientifiques de cette campagne concerneront la reconnaissance de la domus se développant sur la terrasse supérieure et l’exploration d’un édifice public énigmatique sur la terrasse inférieure. La précédente opération préventive avait révélé la présence d’une grande quantité d’armement romain dans sa démolition, évoquant la bataille de Lyon qui se déroula en 197 apr. J.-C. entre les légions d’Albinus et de Septime Sévère. En fonction des opportunités, la visite d’un autre chantier du service municipal d’archéologie ou d’une autre manifestation sera intégrée au programme.

Informations pratiques

Inscription avant le 10 juin auprès de la trésorière de la SFAC, Cécile Colonna : cecile.colonna@gmail.com

Chacun devra procéder à l’achat de ses billets de train pour arriver à Lyon, au lieu de RDV (gare 10h ou musée Lugdunum 10h30). Départ pour le retour prévu à 18h. Un train part de Paris à 7h53, arrivée à Lyon à 10h ; retour possible avec départ à 18h04 à Lyon, arrivée à Paris à 20h07.

Samedi 18 mai 2019 : Eurômos, ville hellénistique et romaine de Carie (Turquie) : nouvelles données, nouvelle histoire

14 avril 2019

K. Konuk (CNRS Bordeaux, Ausonius), D. Laroche (ENSA Strasbourg), Fr. Prost (Paris 1)


Vue nadirale du temple de Zeus (cliché mission archéologique d’Eurômos)

Depuis 2015, dans le cadre d’une mission turco-française dirigée par Abuzer Kizil, de l’Université de Mugla, et Koray Konuk, du CNRS, le site d’Eurômos en Carie fait l’objet de nouvelles investigations archéologiques. Trois grands chantiers ont été ouverts à ce titre. Le premier concerne l’implantation urbaine du site, sa configuration topographique et sa muraille. Il a pour objectif de comprendre les raisons historiques qui ont conduit les habitants de la région à s’installer dans la plaine de l’Eurômide et organiser cette installation dès la période hellénistique à la grecque, sans renoncer aux particularismes cariens. Le deuxième chantier s’attache à l’étude scientifique du célèbre temple de Zeus Lepsynos, aux portes d’Eurômos, en vue de sa restauration. Par l’inventaire et l’observation rigoureuse de toutes les données matérielles, le but est de renouveler les connaissances sur un des édifices religieux les mieux conservés d’Asie Mineure. Enfin, un troisième chantier a permis de proposer des données renouvelées sur l’agora de la cité, sa chronologie et ses spécificités. Nouvelles données, nouvelles perspectives, nouvelle histoire : ces trois chantiers sont l’occasion de réécrire une page inédite de la Carie aux périodes hellénistique et romaine.

Samedi 13 avril 2019 : Une plaine disputée en Grèce ancienne : regard archéologique sur Éleuthères, Oinoé et le contrôle des frontières attico-béotiennes

31 mars 2019

Sylvian Fachard (American School of Classical Studies at Athens)

Stratégiquement positionnée entre les massifs du Parnès et du Cithéron, la plaine de Mazi forme un carrefour routier de premier plan entre l’Attique, la Béotie et la Mégaride. Elle constitue, de surcroît, un terroir fertile (céréales et vignobles) bénéficiant d’une pluviométrie supérieure à la moyenne et doté d’abondantes ressources forestières. Ces avantages naturels, qui lui confèrent une grande importance stratégique et économique, firent de la plaine de Mazi un enjeu majeur pour Athènes et les cités de Béotie. Dès l’époque archaïque la plaine est occupée par les bourgades d’Oinoé et d’Éleuthères, toutes deux liées aux premiers conflits frontaliers dont les sources écrites font état pour la région. Aux époques classique et hellénistique, la possession de la plaine fit l’objet de tensions et de conflits répétés, et ce n’est qu’à la période romaine que la situation semble avoir été stabilisée. Mais est-il possible de tracer la signature archéologique de ces conflits et de ces enjeux économiques ? Les frontières et les tensions politiques ont-elles marqué le paysage antique ?

Grâce une prospection archéologique de type intensif de l’ensemble de la plaine de Mazi, la première du genre à être conduite en Attique, il est désormais possible de mieux comprendre l’évolution de l’occupation humaine et les grandes étapes de son exploitation économique. Des données inédites permettent d’aborder le problème de la position des frontières attico-béotiennes sur des bases renouvelées. Par ailleurs, plusieurs indices liés à la distribution de l’habitat et des fortifications rurales suggèrent qu’Athènes et la Béotie utilisèrent Oinoé et Éleuthères pour mettre en place de réelles politiques de contrôle et d’exploitation économique. Ces traits de complexité culturelle ne se trouvent pas ailleurs en Attique et pourraient signaler, pour l’archéologue-prospecteur, la signature archéologique d’un paysage frontalier disputé.

Samedi 16 mars 2019 : Lambèse entre mosaïques et prospections : la redécouverte d’une capitale romaine

5 mars 2019

Youcef Aibeche (Université Sétif 2/CNRA), Amina-Aïcha Malek (AOROC UMR 8546 CNRS-ENS)

Restitution du site (aquarelle)

Siège de la IIIe légion Auguste et capitale de la Numidie sous les Sévères, la ville de Lambèse, située dans les piedmonts des Aurès, est un site archéologique dont l’intérêt majeur n’est plus à démontrer, et pour lequel le Ministère algérien de la Culture a engagé un programme archéologique, de formation et de mise en valeur dans le cadre d’une coopération internationale entre le CNRA et AOROC (CNRS-ENS). Les recherches conduites sur le terrain ont livré des données d’un intérêt tout à fait unique par la mise au jour de deux maisons, la Maison de Phrixos et Hellé et la Maison de la Tigresse. Ces découvertes complètent et renouvellent nos connaissances des systèmes constructifs, du décor (revêtements des sols et des murs), et de la céramique dans cette région. En particulier, elles apportent des informations sur la chronologie, la production et les savoirs faire locaux qui ouvrent sur une réflexion de grande portée régionale, pouvant même aboutir à une reconfiguration des schémas préétablis dans ces domaines. Notre communication présentera les résultats archéologiques obtenus et exposera la réflexion en cours, qui vise à révéler le tissu urbain de l’ancienne capitale de la Numidie et de son insertion dans son territoire.

Mosaïques de la maison de la Tigresse

Samedi 16 février 2019 : Autour des découvertes du Bourg, à Sainte Colombe (69)

8 février 2019

à l’Institut National d’Histoire de l’Art (INHA),

2 rue Vivienne, 75002 PARIS, 

salle Walter Benjamin, rez-de-chaussée

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Benjamin Clément (Archeodunum SAS)

Présentera une communication sur :

Un quartier de Vienne antique figé par les flammes. Autour des découvertes du Bourg, à Sainte Colombe (69)

Dans les faubourgs de la ville antique de Vienne, une fouille préventive s’est déroulée en 2017 sur une parcelle de 7000 m², en préalable à la construction de quatre immeubles de logements. Les investigations ont exhumé un quartier entier de la colonie, installé entre la voie de Narbonnaise et la rive droite du Rhône, où se mêlent domus aux riches mosaïques, espaces publics, appartements locatifs et bâtiments commerciaux. Les vestiges présentent un état de conservation exceptionnel en raison de la destruction de ce secteur par des incendies violents, qui ont eu lieu successivement à la fin du Ier siècle et au début du IIIe siècle apr. J.-C. Cet événement a paradoxalement permis de préserver l’architecture composite des édifices, où la terre et le bois sont omniprésents, mais également de découvrir une grande partie des mobiliers abandonnés sur place lorsque les habitants ont fui la catastrophe.

Mosaïque des Bacchantes